Scènes de Chasse au Sanglier de Claudio Pazienza

À l’initiative de l’association Les Yeux de l’Ouïe, des cinéastes documentaristes poursuivent une réflexion publique dans un atelier ouvert à tous, une réflexion qui réactive un espace critique susceptible d’explorer la puissance d’un cinéma documentaire s’attachant à renouveler ses formes
et son mode de présence au monde. Quel geste cinématographique aujourd’hui ?

Scènes de Chasse au Sanglier de Claudio Pazienza

46’, 2007, Production Komplot sprl (Bruxelles), Films du Présent (Arles), Arte-France (La Lucarne) – Belgique

Méditation sur les images qui m’habitent et sur celles d’où j’aimerais m’exiler. Méditation sur le sens à donner au mot « réel » et méditation sur le désamour … des images et des mots. Méditation sur le deuil, sur la mort des miens et sur la manière de « mettre en image » le bruit des choses et du monde. Méditation sur la matière-à-images, sur ce qui les incarne ou les dématérialise. Méditation sur ce qui rend parfois mes images muettes. Méditation sur le désir de toucher. Méditation sur le désir de détruire.
Une chasse au sanglier, le savoir-faire d’un taxidermiste et une reproduction fidèle du fusil chronophotographique de Jules-Etienne Marey sont les prémisses à un voyage à la fois intimiste et poétique où une voix intérieure questionne des images proches et lointaines. Méditation sur les images et sur le souhait de demeurer inconsolable.


Claudio Pazienza est un cinéaste inclassable et important. C’est un inventeur, essayiste, penseur en cinéma, acteur de ses propres films qui sont comme des plongées dans le monde qui paraît proche et dont il nous fait entrevoir les abîmes.” Claire Simon
“D’un projet à l’autre, un inénarrable besoin revient: celui de trouver une “musicalité” dès le début du montage. Une musicalité qui contiendrait – en filigrane- le ton, l’esprit de ce qui suit: le film proprement dit. Il ne s’agit nullement d’une partition musicale au sens classique, mais d’un assemblage d’images et de sons jusque là imprévisibles, innommables. Sans les 4/5 minutes de cet “incipit”, de cette minuscule partition filmique, je suis un peu perdu … le reste ne se cristallise que péniblement. D’un film à l’autre j’intérroge le sens à donner au texte, à une voix off ou au
hors-champs. Quand écrire? Qui lirait, improviserait? Je questionne les micros, le sens à donner aux “directs”, le sens à donner – parfois – au bruitage. Et à chaque film la question revient à nouveau: quel son a mon réel?” Claudio Pazienza (Les Ecrans documentaires 2007, Son réel)